Diễn đàn Paltalk TiengNoi TuDo Cua NguoiDan VietNam

May 9, 2008

La junte prête à sacrifier le peuple birman

Filed under: Chính trị, xã hội, Quốc tế — tudo @ 1:07 am

Thierry Portes
08/05/2008 | Mise à jour : 21:24 |

.

Aidés par les moines autorisés à sortir de leurs monastères pour charrier les débris et dégager les rues de Rangoun, les Birmans continuaient hier à s'organiser pour aider les survivants du cyclone.
Aidés par les moines autorisés à sortir de leurs monastères pour charrier les débris et dégager les rues de Rangoun, les Birmans continuaient hier à s’organiser pour aider les survivants du cyclone. Crédits photo : AFP

Confrontés à des militaires qui refusent toute aide occidentale, les États-Unis envisagent des largages de vivres sur les zones sinistrées.

» Un aveuglement poussé jusqu’à la folie

Les militaires birmans ont entrouvert la porte de leur pays, ce camp partiellement sous les eaux où plus de 100 000 personnes seraient déjà mortes. Un premier avion affrété par l’ONU s’est jeudi posé à Rangoon. Devaient suivre trois autres avions transportant des produits de première nécessité. Une semaine après le passage du cyclone Nargis, le 3 mai dernier, les geôliers birmans continuent cependant de dédaigner des offres de secours internationales susceptibles de répondre à l’étendue de la catastrophe humanitaire. «Je suis déçu que nous n’ayons pas obtenu plus de résultats», a confié jeudi un responsable onusien, tandis que les États-Unis, lassés par la mauvaise volonté des militaires au pouvoir, évoquaient des largages sur les zones sinistrées.

Alors que le temps presse, la junte, mettant au supplice sa population déjà meurtrie par tant d’années de privations, accorde quelques visas à des ONG occidentales, mais en refuse toujours à d’autres. Elle consent à l’arrivée d’un avion grec transportant tentes, couvertures et médicaments de la Croix-Rouge, mais à la condition qu’aucune équipe ne débarque. Pour continuer de contrôler leur peuple, les militaires birmans veulent gérer l’aide internationale. Mais nombre de donateurs, craignant des détournements, attendent des garanties. Le directeur du Programme alimentaire mondial en Asie du Sud-Est, Anthony Banbury, a reconnu que l’ONU partageait les préoccupations des ONG. «Nous ne pouvons nous contenter d’amener notre cargaison sur un aéroport pour la déposer et redécoller, explique-t-il. C’est l’une des raisons pour lesquelles l’aide est retardée. Nous voulons nous assurer que les produits vont aux gens.»

Cela explique que la junte ait accepté les dons de ses voisins chinois, indiens et thaïlandais, souvent bien intentionnés à son égard, en refusant pour l’instant les secours américains et européens. Les États-Unis, qui croyaient pourtant avoir reçu un feu vert, ont finalement annoncé jeudi que leur avion ne partait plus. De son côté, le commissaire européen Louis Michel assure qu’«on peut aller facilement à 30 millions d’euros» d’aide et même «au-delà», mais répète : «Nos relations visent à ce qu’elles (les autorités) nous aident à avoir accès au terrain.»

 

Plus d’un million de rescapés en sursis

 

Dans le delta de l’Irrawaddy, la région la plus durement frappée, de nombreuses populations sont mortes noyées, comme lors du passage du tsunami de 2004. Dans la seule localité de Labutta et les 63 villages voisins, au cœur du delta, un responsable local, Tin Win, a parlé d’environ 80 000 morts. «On évalue à 5 000 km² la superficie submergée, et au moins un million de personnes ont besoin d’aide», indique le porte-parole onusien Richard Horsey. Une estimation réévaluée dans la soirée à un 1,5 million de personnes.

Les témoignages que l’on commence à recueillir décrivent l’ampleur de la catastrophe dans le sud de la Birmanie, qui était le grenier à riz du pays. Sur les eaux flottent des corps ; partout des arbres déracinés, des masures balayées, des toitures à terre. Partout les mêmes scènes de désolation. Et des rescapés qui tentent de survivre, sans eau potable, manquant de nourriture et dans des conditions d’hygiène déplorable. L’Organisation mondiale pour la santé fait déjà état de cas de paludisme et craint des épidémies.

En butte à la folie d’une junte que même sa protectrice chinoise n’arrive pas à raisonner, les États-Unis, annonçait jeudi un responsable du département d’État, se préparent à des largages d’aide, en se passant de l’accord des autorités birmanes.

 

Leave a Comment »

No comments yet.

RSS feed for comments on this post. TrackBack URI

Leave a Reply

Please log in using one of these methods to post your comment:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s

Blog at WordPress.com.

%d bloggers like this: